Beaucoup d’entre nous abordent leur recherche professionnelle avec, en ligne de mire, un objectif unique : retrouver un CDI, si possible équivalent ou supérieur à celui quitté. C’est une aspiration légitime, mais elle nous empêche de voir d’autres chemins tout aussi porteurs.
Pourquoi élargir sa recherche au portage ?
Le portage permet de :

Le portage salarial : autonomie et statut salarié
Vous trouvez une mission et négociez votre prestation avec une entreprise cliente. Une société de portage vous embauche, contractualise avec le client, facture la mission et transforme le chiffre d’affaires disponible en salaire. Vous restez autonome dans votre activité tout en bénéficiant du régime salarié.
Cette formule s’adresse surtout aux personnes disposant d’une expertise et d’une autonomie suffisantes pour rechercher leurs clients et négocier leurs conditions de mission.
Si la mission acceptée est une solution provisoire, le salarié porté peut avoir intérêt à opter pour la formule du CDD en portage pour garder sa flexibilité et pouvoir accepter un emploi pérenne à l’issue de son CDD.
Bien choisir sa société de portage
Privilégiez une société fiable, transparente et expérimentée, en comparant notamment les frais de gestion, la qualité de l’accompagnement, la réactivité, la clarté des contrats et les outils proposés.
Vérifiez également sa solidité financière, son ancienneté, sa réputation et, le cas échéant, son adhésion à une organisation professionnelle telle que le PEPS, à savoir la Fédération de 400 entreprises qui représente les intérêts des Entreprises de Portage Salarial.
LE PORTAGE : UNE RELATION TRIPARTITE SIMPLE A COMPRENDRE
Le portage repose sur 3 acteurs, le salarié porté, l’entreprise cliente et l’entreprise de portage salarial, et sur 2 contrats : le contrat de travail avec le porté et le contrat de prestations avec le client.


Point important : les périodes entre 2 missions ne sont pas automatiquement rémunérées. Le portage suppose donc de conserver une démarche commerciale et de prévoir les périodes d’intermission.
COMPRENDRE LES CHIFFRES DU PORTAGE
Du taux journalier moyen « TJM » au net versé
Il n’existe aucun barème légal ni conventionnel de TJM : le prix est librement négocié entre le salarié porté et l’entreprise cliente, puis repris dans le contrat commercial (art. L1254-22 et L1254-23 C. trav.). La seule contrainte juridique est un plancher : le prix doit financer la rémunération minimale conventionnelle
- 70 % du plafond mensuel de la sécurité sociale pour un junior
- 75 % pour un senior
- 85 % en forfait jours (CCN du 22 mars 2017, art. 21.3)
- les congés payés, l’indemnité d’apport d’affaires de 5 %, la réserve ou l’indemnité de fin de contrat, les cotisations et les frais de gestion.

Avant de vous lancer dans la négociation, n’hésitez pas à utiliser les simulateurs et baromètres de plateformes freelances (comme Malt ou Free-Work). Ils vous donneront une excellente visibilité sur le TJM moyen pratiqué sur le marché pour un profil équivalent au vôtre.
Avant de signer Demandez toujours une simulation complète de bulletin de salaire avec le même TJM aux différentes sociétés de portage, le même nombre de jours facturés et les mêmes frais professionnels à plusieurs sociétés. Comparez le net versé, mais aussi le détail du compte d’activité. Et si besoin, faites-vous conseiller par un avocat spécialisé.
Fin du contrat de Portage
PORTAGE EN CDI.
Pas de prime de précarité.
C’est le propre du CDI mais la convention collective (art. 21.3) impose la constitution d’une réserve financière égale à 10 % du salaire de base de la dernière mission (hors congés payés et apport d’affaires), destinée à couvrir les périodes non-travaillées.
À la rupture du CDI, le droit commun s’applique : préavis, indemnité de licenciement le cas échéant, indemnité compensatrice de congés payés.
PORTAGE EN CDD.
L’indemnité de fin de contrat est celle du droit commun
- 10% de la rémunération brute totale (art. L1243-8, applicable au portage) ; elle alimente la réserve financière et est versée au terme du contrat.
- l’indemnité compensatrice de congés payés « ICCP » de 10%
- l’indemnité d’apport d’affaires de 5% (CCN, art. 21.2). Attention : ces indemnités se calculent sur la rémunération brute servant de base au contrat de travail, et non sur le prix facturé au client.
PORTAGE : QUE DEVIENT VOTRE ARE ?
Le portage est une activité salariée. Si vous reprenez une mission alors qu’il vous reste des droits ARE, vous pouvez, sous conditions, conserver une partie de l’allocation en complément du salaire : restez inscrit comme demandeur d’emploi et déclarez chaque mois votre activité et votre rémunération. Percevoir un complément plutôt que la totalité de l’ARE consomme moins de droits : la durée de mobilisation peut s’en trouver prolongée, dans les limites réglementaires. Une activité salariée suffisamment longue peut aussi, sous conditions, contribuer au rechargement de droits.
- Le contrat de portage engage vos droits futurs.
Démissionner d’un CDI de portage, c’est quitter volontairement son emploi : pas de réouverture de droits à l’ARE. Le CDD de portage, qui prend fin à son terme, évite cette difficulté. - L’intermission en CDI de portage au regard de l’assurance chômage.
Le salarié porté reste juridiquement employé, même sans mission ni rémunération. Cette articulation (réserve financière, absence de salaire, ARE) doit être validée avec votre conseiller France Travail avant de signer. - Ce que vous déclarez.
Votre salaire brut, lors de l’actualisation mensuelle. En cas de doute sur les éléments à inclure, faites le point avec France Travail.
COMPARER AVANT DE CHOISIR
Si vous envisagez le portage, comparez plusieurs sociétés avant de signer. Demandez à chacune une simulation détaillée, la preuve de leur garantie financière, et une attestation d’assurance responsabilité civile professionnelle à jour.
Pour démarrer vos recherches, vous pouvez consulter ce comparatif indépendant des sociétés de portage salarial — à utiliser comme point de départ, pas comme choix final.
POINT DE VIGILANCE
Le portage exige une posture différente de celle du salariat classique : apprendre à cadrer soi-même un périmètre de mission parfois flou, à négocier sa valeur sans grille salariale de référence, et à poser des limites lorsque le contenu dérive au fil du projet.
Les 6 vérifications à faire avant de choisir
✓ Simulation détaillée : CA HT → frais de gestion → autres charges → brut → net.
✓ Absence de frais cachés et accès clair au compte d’activité.
✓ Conditions d’avance de salaire et traitement des impayés clients.
✓ Garantie financière et assurance responsabilité civile professionnelle à jour.
✓ Adhésion ou label professionnel vérifiable, par exemple via l’annuaire PEPS.
✓ Qualité de l’accompagnement : contrats, frais professionnels, intermission, formation et développement commercial.
Liens utiles
- Légifrance – Code du travail, art. L1254-22 et L1254-23 (contrat commercial de portage salarial
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006072050/LEGISCTA000030436627/ - Légifrance – Convention collective du portage salarial (22 mars 2017), art. 21: rémunérations minimales, apport d’affaires, réserve —
https://www.legifrance.gouv.fr/conv_coll/article/KALIARTI000050004613 - https://entreprendre.service-public.fr/vosdroits/F31620
- https://www.guideduportage.com/annuaire
- https://www.itg.fr/portage-salarial/introduction.html
- https://www.join-jump.com/
- Malt : « de la mise en relation jusqu’au paiement » : https://www.malt.fr/
- Simulateur de TJM multi-secteurs : https://travail-industrie.com/simulateur-tjm
Le GAD 5

