Tous entrepreneurs, mythe ou réalité ?

Être/Devenir entrepreneur fait aujourd’hui partie des mantras de tout économiste et de toute politique (ou presque). Derrière l’imprécation qui sert les gouvernements (baisse du chômage) comme les grandes entreprises, les futurs ex-salariés trouvent-ils leur compte ?

Faut-il se précipiter pour lancer son activité ? Nous pensons que les choses ne sont pas aussi simples et que cela vaut le coup de se poser sérieusement la question. Bien sûr, être son propre maître, se dépasser, assurer son autonomie et son indépendance, quitter le monde du salariat, est très séduisant. La responsabilisation et l’adrénaline motivant souvent, les porteurs de projet ont aussi leur attrait.

Cet esprit entrepreneurial infuse même le monde des étudiants qui imaginent travailler dans une startup dans un futur proche : l’absence de liens hiérarchiques traditionnels, la convivialité des rapports humains, le fonctionnement en équipe projet et la réactivité associée priment sur la forte charge de travail des créateurs comme de leurs collaborateurs.

Tous entrepreneurs ! Les donneurs d’ordre y sont aussi favorables pour de bonnes raisons économiques. Leurs coûts salariaux, auparavant quasi fixes, deviennent variables. Tandis que les travaux sont exécutés par des indépendants/entrepreneurs de talent, responsables et réactifs.

Dans ce cadre, les relations sociales sont remplacées par des relations commerciales. Le débat, très présent actuellement, sur la réforme du code du travail peut de facto devenir sans objet puisqu’un grand nombre d’ex-salariés quittent ce cadre pour entrer dans une relation client/fournisseur.

Ce rapport de force entre le salarié et l’employeur a évolué en fonction des aléas économiques (trente glorieuses, crises pétrolières puis financières). A l’avantage du salarié depuis la mise en place du Conseil National de la Résistance, ce rapport s’est ensuite réduit jusqu’à ce nouveau projet proposé : la micro-entreprise. Cette nouvelle relation client/fournisseur n’est pas, à ce jour, complètement validée. La jurisprudence requalifie, en effet, dans certains cas ces contrats commerciaux en contrats de travail, au nom du lien de subordination et de l’exclusivité du client vis-à-vis de ce salarié déguisé.

Etre auto-entrepreneur, c’est aussi être un travailleur précaire. L’auto-entrepreneur doit prévoir un certain nombre de démarches administratives, une mutuelle et quant aux congés payés, ils n’existent tout simplement pas… Reste alors à ressortir la vieille tirelire, mettre de côté et organiser ses vacances ! Les projets personnels peuvent être également obérés ; sans situation pérenne, les banques sont frileuses pour prêter.

Une surabondance de personnels qualifiés, une plus grande souplesse juridique, voilà les ingrédients pour une nouvelle posture : la servitude volontaire. Sauf si vous êtes résolu à ne plus servir et, dès lors…. Vous serez libre.

Dans notre GAD, qu’en est-il ? Tous entrepreneurs, mythe ou réalité ? Sur 10 personnes qui constituent le GAD 7, on distingue des profils entrepreneuriaux différents, selon que l’on crée par nécessité, telle la période de transition entre deux emplois, par opportunité faisant suite à une innovation, une idée, le besoin d’un marché, ou peut-être encore en cohérence avec un tournant de sa vie.

Pendant les périodes de recherche d’emploi, chacun doit élargir ses horizons, redéfinir ses priorités et la création d’une entreprise est envisageable. Tout en étant en recherche d’un emploi salarié (dans une entreprise ou en portage salarial), nous sommes chacun en réflexion ou déjà entrepreneurs.

Quatre d’entre nous ont effectivement déjà une activité entrepreneuriale que ce soit dans la distribution de produits électroniques, le conseil en organisation d’entreprises, la création d’une startup dans le secteur des ressources humaines, ou le conseil financier. Deux d’entre nous réfléchissent sur une possibilité de création d’entreprise (développement d’un concept store, négociateur immobilier en portage salarial). Quatre d’entre nous participent au cercle des indépendants et des entrepreneurs au sein de Dynamique Cadres. Les sujets sont variés afin de répondre aux préoccupations et questions de chaque GADIEN : reprise de sociétés en liquidation auprès du tribunal de commerce, développement d’une clientèle, exploration du secteur de la franchise, présentation des principaux statuts juridiques.

Il n’y a pas de formule miracle, tout le monde n’est pas un entrepreneur né, mais chacun peut le devenir.

Alors entrepreneurs, mythe ou réalité ? A chacun de vous d’en décider !

Le Gad 7

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