L’essor des salons virtuels : épiphénomène ou tendance durable ?

Outre les salons dédiés à l’emploi, les salons professionnels sont aussi l’occasion pour les chercheurs d’emploi de réseauter. Or, dans le contexte pandémique actuel, les salons en présentiel, lorsqu’ils ne sont pas annulés, sont à moitié vides. Pour les exposants, la question de la rentabilité de leur participation se pose, aussi bien en termes d’investissement que d’audience.

La crise sanitaire planétaire est un événement dont le secteur événementiel se serait bien passé. Marché pesant 30 milliards d’euros en France, pour 17 millions de contacts/an, les salons traditionnels en présentiel ont été fortement impactés par la covid, privant les exposants d’un outil important de communication et de stimulation de leurs équipes commerciales, et les visiteurs, d’opportunités multiples et simultanées de contacts et d’informations. Leur annulation, ou report à des horizons incertains, a donné un coup de pouce inattendu à l’essor des salons virtuels, ou digitaux, qui demeuraient jusque-là dans l’ombre.

Est-ce un épiphénomène ou une tendance durable ? Quelles sont les perspectives offertes par ces nouvelles modalités ?

Le salon 100% digital : un gain pour candidats et recruteurs

  • Les recruteurs sont au rendez-vous et souvent plus disponibles. Les “rendez-vous” entre les exposants et les visiteurs permettent une meilleure fluidité, alors que dans les salons en présentiel, les stands, trop fréquentés, peuvent décourager bon nombre de visiteurs.
  • Un gain de temps et d’argent (transport, hébergement…) bienvenu pour les candidats et qui explique aussi l’adhésion actuelle dans le monde aux solutions de télétravail et de gestion d’équipe à distance. Pour les entreprises et les organisateurs de rencontres professionnelles, le distanciel représente une formule économique, facile à préparer et à déployer, sous réserve d’avoir les bons outils et prestataires. Les gains liés à la consommation d’énergie et aux déplacements des participants ne sont également pas négligeables, ainsi qu’un impact sur la production de déchets. L’événement à distance peut afficher fièrement sa portée écologique (émissions de CO2 divisées par 10 selon certaines études).
  • Un accès facilité à l’ensemble des conférences et des conseils d’experts à portée de clics, d’autant plus intéressant lors d’événements internationaux. Les salons digitaux peuvent proposer de multiples conférences ou ateliers diffusables en direct, sans limitation de capacité d’accueil et disponibles en replay. Les participants ont la possibilité d’interagir de façon plus flexible, sans les contraintes liées aux horaires d’ouverture ou à la disponibilité immédiate des interlocuteurs ciblés.
  • Une meilleure qualification des profils pour les exposants. Les salons virtuels exigent une pré-inscription en ligne des visiteurs, souvent assortie d’une courte enquête sur leurs attentes. L’exposant peut disposer en amont d’une visibilité sur la nature des profils et se constituer un vivier intéressant de candidats ayant déjà manifesté leur intérêt. De même, le candidat a davantage de temps pour se documenter sur les entreprises qui l’intéressent, afin de préparer plus efficacement ses futures visites.

… mais des freins à prendre en compte !

Lorsqu’il est organisé dans les règles de l’art, un événement en présentiel propose une expérience humaine bien plus authentique. Offrant une liberté de déplacement dans l’espace, et des interactions multiples lors de séquences de pause savamment orchestrées, il reste plébiscité pour les opportunités qu’il offre en termes de réseautage et d’échanges sur le vif entre visiteurs. Il permet surtout une convivialité incomparable. Un échange en distanciel ne pourra jamais totalement remplacer la richesse d’une communication en face-à-face.

Le Gad 15

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