Seniors en quête de jobs

Retrouver du travail après 50 ans ? Pas facile mais jouable : à condition de connaître les règles du jeu, de bien évaluer ses compétences et de s’adresser aux entreprises qui pensent d’abord expérience et expertise. Si les seniors sont moins au chômage que la moyenne de la population, ils y restent souvent plus longtemps. Comment orienter sa recherche d’emploi pour mettre toutes les chances de son côté ?

En ne ciblant et relançant que les services recrutement des grandes entreprises ? Les grands groupes ont longtemps focalisé sur l’emploi des jeunes et la diversité dans l’entreprise. Ils commencent à s’intéresser d’un peu plus près à la gestion de carrière de leurs seniors, mais ont encore des réticences à en embaucher de nouveaux.

Sera-t-il de plus en plus périlleux d’être senior et en recherche d’emploi en France ? Oui, si nous ne nous attelons pas au paradoxe que constituent le recul de l’âge de départ à la retraite et le dos (trop souvent) tourné des entreprises aux seniors.

La liste des a priori ci-dessous est non-exhaustive et reste toujours tenace :

  • le manque de flexibilité alors que la synergie des bonnes pratiques est toujours positive,
  • le salaire élevé pourtant, le senior souhaite travailler, il fera probablement des concessions,
  • l’insuffisance de performance alors que le senior a la maîtrise de son métier, sa compétence est immédiatement opérationnelle,
  • l’âge. Le senior possède l’expertise de son métier, il est proactif et motivé. De plus le senior est affranchi des contraintes familiales. Il pourra s’investir dans son nouvel emploi qu’il désirera conserver, parfois au-delà de l’âge légal de son départ à la retraite.

Prenons un cadre : Alain, son profil aiguisé et son allure rassurante

intéressent fortement l’entreprise « X ». Elle cherche un Manager de transition, une personne qui saura, dès le premier jour, prendre des mesures stratégiques dans un contexte où mieux vaut être externe à l’entreprise pour assurer cette mission. Alain fournira à l’entreprise un service à haute valeur ajoutée. Il « coûte » cher à l’entreprise mais il ne restera pas. Alain a un profil d’expert (au sens littéral du mot) et l’entreprise « lui fait confiance ». Les entreprises ont besoin de ces interventions ponctuelles et le senior y répond par une action spécifique. Il devient attractif.

À chaque pays sa culture des seniors dans l’entreprise. Verra-t-on un jour en France un salarié accepter de céder sa place pour un an au bénéfice d’un senior en recherche d’emploi ? Cela s’est pourtant produit en Finlande, il y a une vingtaine d’années au sein du groupe Nestlé, une des grandes entreprises du secteur énergétique. Grâce au partenariat syndicats-gouvernement-entreprises en Finlande, la problématique des demandeurs d’emplois dont les seniors, a été traitée dans sa globalité. Une sorte de cercle vertueux élargi s’est mis en place et la dynamique n’a fait que confirmer l’adaptabilité de sa population ainsi que sa prise de conscience d’une problématique sociétale.

Au Japon, le travail des seniors répond au manque de main d’œuvre mais surtout à la non-acceptation de vivre à la charge de la société. Dégagés de leurs contraintes familiales, les seniors occupent des postes les jours pendant lesquels les quadras eux, restent en famille. L’attachement à l’entreprise est un atout pour ces salariés qui, encouragés par l’entreprise, acceptent de travailler au-delà de l’âge légal du départ en retraite fixé en moyenne, selon les entreprises, à 65 ans. La synergie des générations est prégnante (mais ne l’a-t-elle pas toujours été ?).

En France, dans les années 80, la préretraite répondait au choix de « laisser la place aux jeunes » ce qui malheureusement n’a pas eu l’effet escompté. Désormais, l’entreprise s’oriente vers un suivi de carrière au travers du bilan professionnel. L’accent est mis également sur la formation professionnelle avec la loi du 5 septembre 2018.

Les mesures d’incitation de l’État, l’engagement des entreprises et les seniors actifs ont un rôle à jouer ensemble pour qu’« être senior » soit synonyme d’« actif », au sein de l’entreprise ou en recherche d’emploi.

On peut supposer qu’un senior aujourd’hui en recherche d’emploi possède donc plus « de bagages » qu’il n’en avait auparavant quand il perdait son emploi. Le senior aura été demandeur de formations, il se sera montré ouvert aux évolutions de l’entreprise. Tout autant qu’il se sera montré « dynamique » au sein de l’entreprise, il saura se montrer adaptable et en capacité de transférer ses compétences. Pour rebondir, il lui faudra envisager différentes formes de cadre de travail tel qu’un CDD ou une mission plutôt qu’un CDI à tout prix. Son ouverture d’esprit durant ses précédentes fonctions, son implication et son dynamisme feront alors la différence au moment de sa recherche d’emploi.

Que veut le senior pour demain ? Il veut rester au cœur d’une activité professionnelle. Il veut se sentir valorisé par son savoir-faire qu’il aura développé durant tout son parcours professionnel. Le senior recherche l’alignement entre les besoins du marché, ses propres besoins, ses motivations et ses valeurs. C’est une occasion qui donne du sens à son travail. Plusieurs solutions s’offrent à lui : l’auto-entreprenariat et le travail en temps partagé notamment.

Le champ des possibles s’ouvre au senior en recherche d’emploi. Il peut enfin être décideur de ses projets. Sa créativité et sa capacité à s’adapter au nouvel horizon qui s’offre à lui sont des atouts. Il est acteur de son devenir et de son avenir.

Le GAD 13

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